Accueil Le challenge des 7 sommets Ascension de l’Elbrouz (Russie) 5642m – juin 2019

Ascension de l’Elbrouz (Russie) 5642m – juin 2019

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Jour 1 : Mineralnye Vody – Camp de base (voie sud-ouest)

Il est 9 heures lorsque tout le monde est prêt à partir. Nous avons 200 km à parcourir afin de ralier le camp de base. Nous faisons un arrêt chez le garde forestier. Nous troquons notre minibus pour 2 vans militaires d’antan. Nous prenons la direction du coeur de la forêt où les sentiers escarpés, rocailleux et humides sont dignes de l’émission « les routes impossibles ». A certains moments, nous retenons notre souffle lorsque le van flirte avec le bord de la falaise. Nous pénétrons dans le parc national et approchons d’un barrage militaire russe. Nous sommes contraints à un contrôle de passeport ainsi qu’à un contrôle de fond en comble des véhicules. Même le dessous des vans est vérifié au miroir. Nous arrivons vers 18 heures au camp de base situé à 2170m d’altitude.

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Jour 2 & 3 : Camp de base (Ullukam) – Camp 1 (2700m)

Nous sommes chanceux, nous allons ouvrir la première voie sud-ouest de l’Elbrouz. Un nouvel itinéraire par où personne n’y a jamais mis les pieds. Très vite, nous franchissons un torrent d’eau très dangereux et large d’environ 15 mètres sur un tronc d’arbre à moitié rongé par les termites et l’humidité. Il n’y a pas de possibilité d’assurage. Uniquement nos bâtons de randonnée et notre équilibre peuvent nous éviter de chuter à l’eau.
Nous traversons les plaines, les bergeries et un ancien cimetière allemand laissé à l’abandon depuis la guerre mondiale et donc plusieurs décennies.
Nous cotoyons plusieurs pâturages de vaches et un groupe de chevaux galopant à travers les plaines verdoyantes.
Au loin, nous apercevons des militaires qui nous guettent. Et oui encore armés jusqu’aux dents. Notre guide russe s’engage dans une brève discussion en russe. Ils nous laissent passer et nous continuons notre chemin. Mais 300 mètres plus loin, nous marquons l’arrêt suite à un sifflement des militaires. Nous stoppons net. Ils nous demandent nos passeports afin de contrôler pour la énième fois nos passeports.
Après le feu vert des militaires, nous traversons des marécages et entamons la montée d’une paroi assez raide en zig-zag. 3 heures plus tard, nous montons le camp n°1 à 2700 mètres d’altitude et laissons l’ensemble de notre matériel technique dans les tentes avant d’entamer la descente vers le camp de base. Nous déjeunons et passons l’après-midi consacré au repos et à l’écriture au camp de base (Ullukam).
Le lendemain, nous entamons de nouveau la montée vers le camp n°1 à 2700m. Nous arrivons vers 10h30. Le temps me semble long car nous partons vers le camp n°2 seulement le lendemain vers 9 heures du matin.

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Jour 4 : Camp 1 (2700m) – Camp 2 (3700)

Nous laissons derrière nous un troupeau de yachs surplombant notre campement. Très vite, nous attaquons la montée avec notre sac à dos surchargés. La neige apparait progressivement mais est trop molle. Nous nous enfonçons très profondément. Vers 3050 mètres d’altitude, nous sommes spectateurs en direct d’une avalanche importante sur l’autre flanc de la montagne qui fait partie intégrante de notre itinéraire dans 2 jours. Celà est très inquiétant.
Nous approchons des 3500 mètres d’altitude et découvrons des vestiges de guerre ainsi qu’un hélicoptère écrasé. Ce tracé chargé d’histoire retrace le passage des allemands durant la guerre mondiale.
Nous croisons les 2 pisteurs russes de notre expéditions sensés monter le campement n°3. Et la mauvaise nouvelle tombe. Il est impossible de rejoindre le campement à 4700m. Le processus de gel ne se fait pas car la neige est molle est instable. Ils se sont retrouvés coincés face à plusieurs crevasses impossible à franchir. Ils sont épuisés car ils ont passés la nuit dans un abri creusé dans la neige.
La sanction tombe, nous devons faire demi-tour et retrouver le camp de base au plus vite. Nous entamons la descente sans attendre et nous arrivons à hauteur du camp 1. Nous nous rassemblons autour d’un lunch improvisé. Mais le temps nous est compté, nouw devons nous dépêcher. Le ciel se noircit et les éclairs font leur apparition. La pluie s’acharne sur nous et ne nous lâche plus d’une semelle jusqu’au camp de base. Nous sommes trempés jusqu’aux os. Même nos vêtements à l’intérieur des sac et notre materiel n’est épargné par cette pluie torrentielle. Nous sommes inquiets pour la suite…

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Jour 5 : Camp de base – Hôtel itinéraire face sud

Nous étudions les différentes possibilités pouvant nous permettre d’atteindre notre objectif. Nous prenons la décision de changer d’itinéraire et de lever le camp. Au bout de 2 heures de route au coeur de la forêt, nous sommes arrêtés au poste frontière par l’armée russe. Nous sommes dans l’obligation de descendre des véhicules et de procéder à un contrôle de passeport. Nous traversons à pied chacun à son tour la frontière. Ensuite nous rejoignons l’hôtel Laguna au bout de 10 heures de route.

Jour 6 : Camp de base (3770m) – voie sud

Les remontées mecaniques nous déposent au camp de base à 3770 mètres d’altitude. Au bout de 300 mètres dans une neige abondante, nous parvenons à repérer notre container mis à disposition pour les prochains jours. L’après-midi est consacré à une mise à jour des acquis techniques sur neige et glace à 4000 mètres d’altitude.

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Jour 7 : Camp de base (3770m) – Randonnée d’acclimatation (4800m)

Le lever est prévu à 7h. Nous demarrons une journée dacclimatation. Sans crampons et à l’aide de nos bras et de nos jambes, nous ascendons jusqu’à 4800m. Le froid s’installe progressivement à hauteur qu’on monte. Nous restons 20 minutes à cette altitude afin de nous acclimater légèrement. Nous redescendons jusqu’au camp de base car nous sommes attendu à 14 heures pour le repas. Vers 17 heures, bien au chaud dans le container, le vent se dechaine et une tempête de neige s’abat sur le camp de base.

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Jour 8 : Camp de base (3770m) – Sommet de l’Elbrouz (5642m)

Le réveil sonne, il est 1h du matin. Juste le temps de prendre un mini petit-déjeuner et nous devons nous mettre en route. Ca monte à pic, encore et encore. Derrière nous et dans l’obscurité la plus totale, des éclairs surgissent du ciel. Nous sommes inquiets malgré les prévisions météorologiques bonnes. Les nuages ne semblent pas désireux de se joindre à nous. Chaque pas est lourd et épuisant car il faut à chaque reprise sortir nos bottes de 30 cm de poudreuse. Malgré un vent violent, nous rejoignons la grande et longue traversée afin de rejoindre le col de l’Elbrouz. Le soleil se lève progressivement mais nous sommes encore dans l’ombre. Nous voilà enfin au pied du col et il nous reste encore environ 300m de dénivelé à franchir. Nos pas se rétrécissent et la fatigue nous envahi. Nous passons le col et à 300m le sommet se dévoile après encore quelques plateaux ascendants. La distance se raccourci et chacun à notre tour pénètre les larmes aux yeux sur le sommet. Nous venons de poser nos pieds sur le plus haut sommet d’Europe culminant à 5642 mètres d’altitude : l’Elbrouz (Russie). Comme de vieux bons amis solidaires, chacun se jette dans les bras de l’autre en se félicitant. Nous sommes les seuls sur le sommet et nous restons environ 20 minutes là-haut. C’est un full succès pour l’ensemble de l’expédition.

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Un grand merci aux guides russes (Evan et Dimitri), à notre guide français (Georges) et à mes coéquipiers (Florian, Christian, Jean-Pierre et Ronan).

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