Accueil Expéditions d'alpinisme Ascension du Mont-Blanc (4808m) – juillet 2018 – Partie 2

Ascension du Mont-Blanc (4808m) – juillet 2018 – Partie 2

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Au son des motrices, la célèbre machine à remonter le temps arrive à quai.

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Le tramway du Mont-Blanc (TMB) nous dépose en une fraction de seconde au sein d’un environnement rocailleux, le terminus le Nid d’Aigle (2372 mètres d’altitude).

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Une pause casse-croute et nous reprenons notre chemin en direction du refuge de Tête Rousse.

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Après un peu plus de deux heures de marche à serpenter les sentiers ascendants, nous arrivons à hauteur de la cabane en bois où le sympathique sherpa népalais, employé de le commune, vérifie notre matériel et nous souhaite une bonne route!

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Face au Mont-Blanc, le refuge de Tête Rousse culminant à 3167 mètres d’altitude.

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L’après-midi est consacré au repos, à une séance photo et à la contemplation du sommet.

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5Le réveil sonne, il est 01h00. J’avale rapidement un petit déjeuner et une demi-heure plus tard c’est le grand départ. Crampons aux pieds et piolet à la main, nous franchissons le dangereux couloir du Goûter. La nuit a fait disparaitre la notion de l’espace et du temps. Seul le bruit des éboulements résonne. Nous escaladons à la lampe frontale l’immense paroi verticale et vertigineuse afin de rejoindre le refuge du Goûter encore ensommeillé. Il est 04h00 lorsque nous franchissons la porte de la salle de préparation et de stockage du refuge du Goûter. Nous sommes à 3835 mètres d’altitude. Nous en profitons pour stocker un peu de matériel afin de nous alléger. Armé jusqu’aux dents, nous sommes prêts mentalement et physiquement!

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Le soleil peine à se lever et nous prenons la direction du Dôme du Goûter.

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Au pied de l’arête des bosses, le sommet semble proche mais c’est une fausse réalité.

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Les pentes raides se succèdent et les efforts sont interminables. Je progresse en présence de rafales de vent de 55-65 km/h ce qui réduit considérablement la température. La fatigue passe au second plan quand on doit marcher pour atteindre le sommet. L’euphorie m’envahit et m’emporte lorsque que le sommet tant attendu est à portée de vue. Je me motive davantage à avancer. Ma marche devient plus dynamique. Mon rythme cardiaque s’accélère et comme par miracle, mes pas qui étaient lourds jusqu’à présent deviennent légers. La délivrance est proche.

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Enfin, après une ultime bosse et 9 heures de marche intense, l’arrête s’évase et le sommet tant espéré apparaît. Mes yeux s’écarquillent, je retiens mon souffle. Ce cri de joie que je tente de dissimuler remonte le temps. Je suis fasciné et n’en crois pas mes yeux. Des larmes coulent sur mes joues, des larmes de joie. La fatigue me fait perdre le contrôle des émotions. Il est 10h30 lorsque je pose mes pieds sur le sommet du Mont-Blanc à 4808 mètres d’altitude. Je vois M qui ne parviens plus à retenir ses larmes. Je m’avance vers mon sympathique compagnon de cordée et nous nous enlaçons. C’est bras dans les bras que nous pleurons ensemble. Son visage fatigué laisse également apparaître une joie indescriptible. Je suis ravi et fier de le saluer. Lasha et Mylène nous rejoignent dans ce moment de pur bonheur. Nous nous félicitons les uns les autres. Nous nous enlaçons et sautons de joie. Je remercie chaleureusement nos guides pour leurs précieux conseils.

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Genoux au sol et à cet instant, je pense très fort à ma fille. Elle le mérite autant que moi. Elle m’a accompagné tout au long de cette aventure. Elle m’a apporté le soutien indispensable à la réussite de cette ascension. Je passe du rire aux larmes en une fraction de seconde. Cette sensation est indescriptible. C’est probablement le moment le plus émotif de l’aventure.

Je viens d’inscrire mon nom parmi une liste déjà très longue sur le plus haut sommet des alpes. Je viens de réaliser mon rêve d’enfant et je suis particulièrement fier de ce que je viens d’accomplir. Cette journée est historiquement gravée en moi à tout jamais.

D’ici perché sur le sommet, je trouve le paysage montagneux moins hostile. J’observe les sommets, les déshabillent, les auscultent du regard jusqu’aux moindres détails. Je mitraille le paysage à 360° degrés avec mon appareil photo, c’est absolument féérique. Mes pensées se bousculent, je veux profiter au maximum de ces instants. Mes jambes se font supplier pour ne pas quitter cet endroit. Je lève la tête et scrute l’horizon qui continue à onduler.

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Seulement 10 minutes après avoir atteint le sommet, nous devons rapidement redescendre en raison du vent et du froid très intense. Après une longue journée de course, nous entamons la descente.

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Nous rallions le refuge du Goûter vers 13h30 après une descente pénible, longue et douloureuse. Nous passerons la nuit à bord de ce mythique refuge perché au précipice de la montagne.

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Le lendemain, c’est à mon tour de mener la danse dans un environnement où je me sens particulièrement à l’aise. Sans trop tarder, nous entamons notre retour. A l’extérieur, le vent s’est légèrement apaisé. La température reste tout de même négative mais est plus supportable que la veille. Je vais redécouvrir de jour tout ce que nous avons grimpé de nuit. La descente de l’Aiguille du Goûter est particulièrement raide et exposée aux éboulements perpétuels générés par le dégel. Je me rends seulement compte à cet instant de la dangerosité et de la verticalité du terrain. La veille, lors de l’aller, la nuit avait fait disparaître la notion de l’espace. Je pouvais uniquement me fier au résonnement du bruit.

En symbiose, la progression de notre trio est soutenue. Quelques cordées s’écartent et nous laisse l’opportunité de les dépasser. A plusieurs reprises, je dois changer d’appui et de direction. Les rochers, quel que soit leur taille, font preuve d’une grande instabilité. Je suis dans le contrôle absolu de chacun de mes gestes et surtout de mes pas car à chaque instant, tout peut basculer. Nous approchons du couloir du Goûter percuté de plein fouet et depuis un bon moment par les rayons du soleil. Avec le dégel, les chutes de pierre se succèdent face à nous. Il tombe des dizaines de pierres, nous avons le temps d’observer leur trajectoire et d’apprécier les possibles échappatoires. Les pierres peuvent rebondir, nous les observons jusqu’au dernier moment afin d’être prêt à bondir pour les éviter. Elles ne se contentent pas de tomber dans le couloir. Il arrive que des blocs s’écrasent.3

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Nous rallions le refuge de Tête Rousse et nous redescendons ensemble jusqu’au Nid d’Aigle. Cet endroit ressemble à une fourmilière en ébullition. A vrai dire, la cacophonie ne m’a pas vraiment manqué. Bien au contraire. Nous posons pour la dernière photo de groupe dos à la montagne.

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Au rythme sonore des motrices, le tramway du Mont-Blanc fait son apparition sans trop attendre. Je prends place sur un banc en bois de légende parmi les alpinistes, les randonneurs et les touristes d’un instant. L’ambiance est plongée dans un silence hypnotisant. Je me remémore chacun de mes pas, de nos rires, de nos pleurs et de tous ces moments où la beauté des paysages m’a laissé sans voix. La fin de l’expédition approche et le retour parmi la civilisation est brutal. Nous sommes déposés au pied du téléphérique de Bellevue aux Houches.

Cette fois, le chapitre de cette aventure est bel et bien clôturé !

A très bientôt pour de nouvelles aventures.

 

 

 

 

 

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